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Procès d'un mineur qui a tué une surveillante: réquisitions attendues jeudi
information fournie par AFP 15/07/2026 à 22:32

Des fleurs et un portrait en hommage à la surveillante poignardée à mort devant les grilles du collège Françoise-Dolto de Nogent, en Haute-Marne, le 13 juin 2025 ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Des fleurs et un portrait en hommage à la surveillante poignardée à mort devant les grilles du collège Françoise-Dolto de Nogent, en Haute-Marne, le 13 juin 2025 ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Il a tué une surveillante de son collège l'an dernier en Haute-Marne, pour un motif apparemment futile: le procès à huis clos de Quentin G., 15 ans, s'est ouvert mercredi au tribunal pour enfants de Chaumont, et les réquisitions sont attendues jeudi.

La famille et les proches de la victime, Mélanie, 31 ans, sont venus au premier jour du procès en portant des tee-shirts ornés d'une photo de la jeune femme souriante.

"Une vie volée, une famille brisée. Notre justice est notre combat", pouvait-on lire sur une pancarte accrochée par ses proches à proximité du tribunal de cette petite ville de Haute-Marne.

"La gravité des faits doit guider la justice" et "pas seulement" l'âge de l'accusé, qui avait 14 ans à l'époque, soulignait une autre banderole à l'entrée du tribunal. Une autre, qui réclamait le rétablissement de la peine de mort, a été retirée dans l'après-midi.

On souhaite "qu'il ne sorte pas, qu'il reste enfermé, qu'il ne prenne pas vingt ans pour sortir au bout de dix", a déclaré à la presse Elodie, une cousine de la victime.

Du fait de son jeune âge, Quentin G. encourt 20 ans de réclusion criminelle au lieu d'une peine de prison à perpétuité. Il a été placé en détention provisoire depuis sa mise en examen il y a 13 mois.

La personnalité sondée

Cette première journée d'audience, qui s'est achevée vers 20H00, a été consacrée à la personnalité de l'accusé, avec notamment les auditions de l'experte psychologue et des experts psychiatres, a déclaré à l'AFP le procureur de Chaumont, Denis Devallois.

Jeudi, Quentin G. sera notamment de nouveau interrogé sur les faits avant les réquisitions du ministère public, selon M. Devallois.

Le verdict devrait être rendu jeudi soir ou vendredi.

À l'issue de l'audience mercredi, l'adolescent a quitté le tribunal dissimulé sous une veste, tandis que ses parents ont été escortés par les policiers.

Cette journée a été "riche en émotions, il y a eu des avancées. Les débats sont de très belle qualité et se passent de façon sereine", a déclaré à la sortie de l'audience l'avocat de l'accusé, Me Antoine Chateau.

Les avocats de la famille et des parents de Quentin G. n'ont pas souhaité s’exprimer pour le moment.

"L’accusé s’exprime avec une capacité à mesurer son expression", ce qui démontre "un niveau de capacité intellectuelle notable", a relevé le procureur.

"Un rayon de soleil"

Au matin du mardi 10 juin 2025 à Nogent, bourg haut-marnais habituellement paisible de 3.500 habitants, Mélanie est frappée à sept reprises avec un long couteau de cuisine à l'entrée du collège Françoise-Dolto. Elle décède sur place de ses blessures.

Les faits se déroulent devant de nombreux témoins, lors d'un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, précisément destiné à détecter d'éventuelles armes blanches.

Quentin G., alors élève de troisième dans l'établissement, est aussitôt maîtrisé par un gendarme, blessant ce dernier à la main au moment de son interpellation.

En garde à vue, il a dit aux enquêteurs qu'il n'avait pas de "grief particulier" envers Mélanie, mais qu'il voulait s'en prendre à une surveillante, "n'importe laquelle".

Des fleurs sur les grilles du collège Françoise-Dolto à Nogent, en Haute-Marne, le 11 juin 2025 ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Des fleurs sur les grilles du collège Françoise-Dolto à Nogent, en Haute-Marne, le 11 juin 2025 ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Sans antécédents judiciaires, l'adolescent aurait mûri son projet quelques jours avant les faits, après qu'une autre surveillante l'aurait "sermonné" alors qu'il embrassait sa petite amie au sein du collège, selon le procureur de Chaumont.

Quentin G. ne présentait en garde à vue "aucun signe évoquant un possible trouble mental", n'exprimait aucun regret ni "aucune compassion pour les victimes", et faisait preuve d'une "certaine fascination pour la violence et la mort".

Il "apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d'importance particulière", avait encore estimé à l'époque M. Devallois.

Des personnes rassemblées devant le collège Françoise Dolto participent à une marche silencieuse en hommage à la surveillante assassinée par un élève, le 13 juin 2025 à Nogent, en Haute-Marne ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Des personnes rassemblées devant le collège Françoise Dolto participent à une marche silencieuse en hommage à la surveillante assassinée par un élève, le 13 juin 2025 à Nogent, en Haute-Marne ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Ancienne coiffeuse reconvertie dans l'Education nationale, Mélanie était mère d'un petit garçon âgé de cinq aujourd'hui, qui a obtenu le statut de pupille de la Nation. Elle était aussi conseillère municipale à Sarcey, commune voisine de Nogent.

Mélanie était "un rayon de soleil", selon Elodie. "Elle n'avait pas d'histoires. Elle rigolait tout le temps. Elle était là pour tout le monde. La gentillesse incarnée".

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